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Éducation

Enseignement supérieur privé : 34 établissements dans le viseur de l'État

Le ministère publie une première liste noire en pleine période d'inscriptions, dont 25 antennes d'un même réseau.

Le fait

Le vendredi 2 octobre 2026, le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation (MESRI) a rendu publique, sous la référence n°0003114 MESRI/DGES/DESP, une première liste de 34 établissements privés non reconnus par l'État sénégalais. Parmi eux, 32 proposent des formations de niveau Licence et Master, deux sont concernés par le doctorat, et 25 constituent des antennes d'un seul et même réseau, l'ISEG. L'annonce intervient en pleine période d'inscriptions universitaires.

Le contexte

L'enseignement supérieur privé a connu une croissance rapide au Sénégal depuis les années 2000, portée par la massification de l'accès au baccalauréat et la saturation des universités publiques. Cette expansion, en grande partie non régulée, a conduit à la prolifération d'établissements dont la reconnaissance officielle, conditionnée à des critères pédagogiques et infrastructurels, n'a jamais été obtenue ou maintenue. Pour les étudiants concernés, les conséquences sont concrètes : diplômes sans valeur légale, impossibilité d'accéder à la fonction publique, équivalences refusées à l'étranger. En publiant cette liste, le MESRI entend « assainir l'offre » et invite les familles à vérifier les autorisations des établissements avant toute inscription.

Les angles

L'APS et Le Soleil relaient sobrement la démarche ministérielle, insistant sur l'appel à la vigilance adressé aux populations. SeneNews apporte la précision la plus notable : sur les 34 structures recensées, 25 sont des antennes de l'ISEG, ce qui transforme ce qui pourrait sembler une liste diversifiée en une mise en cause quasi exclusive d'un réseau. Senego distingue utilement les niveaux concernés, Licence, Master et doctorat, soulignant que des formations censément avancées sont dispensées sans aucune reconnaissance d'État. Aucune source ne précise à ce stade si des procédures de fermeture administrative ont été engagées, ni quel délai est accordé aux établissements pour se mettre en conformité.

La question Jubël

Cette liste est qualifiée de « première » par le ministère lui-même : combien d'établissements supplémentaires figureraient dans les suivantes, et pourquoi une telle publication intervient-elle seulement en 2026 alors que certaines de ces structures opèrent depuis plusieurs années ? Au-delà du signal adressé aux familles, quels mécanismes concrets de contrôle l'État entend-il mettre en place pour que la prochaine cohorte d'étudiants ne découvre pas, diplôme en main, que ses années d'études n'ont aucune existence légale ?

Sources : Le Soleil, SeneNews, APS, Senego

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