Rentrée 2026 : enseignants absents, classes inondées
À trois jours de la rentrée, Kaolack et Saint-Louis révèlent l'ampleur des fragilités structurelles de l'école sénégalaise.
Le fait
À l'occasion des Comités régionaux de développement tenus ce jeudi et ce vendredi en préparation de la rentrée scolaire du 5 octobre 2026, deux régions ont dressé un tableau préoccupant. Kaolack enregistre 231 postes d'enseignants vacants dans le secondaire, 35 écoles submergées et près de 9 500 tables-bancs manquants. À Saint-Louis, le gouverneur Al Hassan Sall a affirmé que l'ensemble des établissements inondés avaient été libérés des eaux avant la rentrée.
Le contexte
La rentrée scolaire sénégalaise se tient chaque année sous la menace des pluies hivernales, qui atteignent leur pic entre août et octobre. Les infrastructures scolaires, souvent vétustes et construites sans drainage adapté, absorbent mal les excès pluviométriques. Le déficit en enseignants, lui, est structurel : les postes vacants résultent d'un écart chronique entre les départs à la retraite, les affectations contestées et le rythme de recrutement. À Kaolack, l'Inspection d'académie indique que des dispositions ont été prises pour atténuer la situation, sans en préciser la nature. À Saint-Louis, le recours aux abris provisoires est évoqué comme solution transitoire pour les établissements les plus touchés.
Les angles
L'Agence de presse sénégalaise (APS) et Le Soleil s'appuient sur les déclarations officielles des gouverneurs, adoptant un registre rassurant : les eaux se retirent, les dispositions sont prises. Senego, en reprenant les chiffres bruts de l'Inspection d'académie de Kaolack, laisse apparaître une réalité plus nuancée : 231 postes vacants et 9 500 tables-bancs manquants ne relèvent pas d'un aléa saisonnier mais d'un sous-équipement durable. Ndarinfo, de son côté, rapporte la déclaration du gouverneur de Saint-Louis sans mise en perspective chiffrée, ce qui rend difficile l'évaluation du nombre réel d'élèves concernés par les inondations.
La question Jubël
Les comités régionaux de développement produisent chaque année, à la même période, des bilans similaires : inondations, déficit d'enseignants, mobilier scolaire insuffisant. La question qui s'impose est celle de la capitalisation : dans quelle mesure les recommandations formulées lors de ces réunions annuelles alimentent-elles les budgets et les politiques éducatives de l'année suivante, et qui en assure le suivi entre deux rentrées ?
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