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Société

Bourses de sécurité familiale : reprise après deux ans de gel

La ministre Marie Angélique Mame Selbé Diouf a officiellement relancé le versement des allocations, suspendues depuis deux ans.

Le fait

Jeudi 1er octobre 2026, à Dakar, la ministre de la Famille, de l'Action sociale et des Solidarités, Marie Angélique Mame Selbé Diouf, a officiellement relancé le paiement des bourses de sécurité familiale. Chaque ménage bénéficiaire recevra 140 000 francs CFA, correspondant aux quatre trimestres de l'année 2026, versés en une seule opération.

Le contexte

Les bourses de sécurité familiale constituent l'un des piliers du filet social sénégalais, instauré sous l'ère Macky Sall dans le cadre de la Stratégie nationale de protection sociale. Elles ciblent les ménages les plus vulnérables, identifiés par un registre national, et visent à soutenir leur consommation de base ainsi que la scolarisation des enfants. L'interruption de deux ans a coïncidé avec la période de transition politique qui a suivi l'élection de Bassirou Diomaye Faye en mars 2024, marquée par des audits et une révision des programmes sociaux hérités de l'administration précédente. Cette pause a privé des centaines de milliers de ménages d'un revenu complémentaire sur lequel certains avaient structuré leur budget familial. La reprise simultanée des quatre trimestres en un seul versement traduit à la fois une volonté d'apurement de l'arriéré et une contrainte de trésorerie qui a différé le paiement.

Les angles

L'Agence de presse sénégalaise (APS) rapporte l'événement dans un registre institutionnel, insistant sur le caractère officiel du lancement et sur le montant unitaire versé par ménage. Senego reprend les mêmes éléments factuels mais met davantage en relief la durée de l'interruption, soulignant implicitement l'attente des bénéficiaires. Aucune des deux sources ne précise le nombre de ménages concernés par cette reprise, ni les modalités exactes de versement, au-delà de la mention d'un transfert monétaire. La question des éventuelles modifications apportées au registre des bénéficiaires pendant la période de suspension reste, elle aussi, sans réponse dans les dépêches disponibles.

La question Jubël

Deux années d'interruption pour un programme de protection sociale ciblant les ménages les plus fragiles représentent un choc d'une ampleur rarement mesurée : quels mécanismes d'alerte ou de substitution ont été mis en place pendant cette période, et les autorités ont-elles évalué l'impact concret de cette suspension sur la pauvreté effective des bénéficiaires ? La régularité future des versements, au-delà de l'opération de rattrapage, reste la véritable épreuve de la solidité du dispositif.

Sources : Senego, APS

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