Électrification universelle au Sénégal : 400 milliards pour 2029
Dakar affiche une ambition chiffrée pour clore la fracture électrique. La méthode et le financement restent à préciser.
Le fait
Le ministre de l'Énergie et du Pétrole, El Hadji Abdourahmane Diouf, a annoncé jeudi 1er octobre à Dakar un programme d'investissement de près de 400 milliards de francs CFA destiné à électrifier 6 471 localités supplémentaires d'ici 2029. L'annonce a été faite lors d'un petit-déjeuner de presse consacré aux réformes du secteur énergétique. Selon le ministre, 86 % des Sénégalais disposent aujourd'hui d'un accès à l'électricité.
Le contexte
Atteindre les 14 % restants représente un défi structurel considérable : il s'agit quasi exclusivement de zones rurales ou périurbaines éloignées des réseaux existants, où le coût du raccordement dépasse souvent la capacité contributive des ménages. L'horizon 2029 fixé par le gouvernement s'inscrit dans le cadre du Plan Sénégal Émergent et de ses successeurs, qui font de la souveraineté énergétique un levier central du développement. Le directeur général de la Senelec, Pape Toby Gaye, a pour sa part appelé à mettre fin à une gestion réactive du réseau, évoquant six chantiers de souveraineté énergétique pour anticiper les tensions plutôt que les subir. Cette double prise de parole, ministérielle et technique, signale une volonté de coordination affichée entre tutelle politique et opérateur public. Le contexte est celui de coupures récurrentes qui fragilisent la confiance des ménages comme des entreprises dans la fiabilité de l'approvisionnement.
Les angles
Financial Afrik met l'accent sur la dimension programmatique et les chiffres bruts : l'enveloppe, le nombre de localités ciblées, le taux d'accès actuel, construisant ainsi le récit d'une politique volontariste portée au plus haut niveau. Senego, de son côté, donne la parole au directeur général de la Senelec et insiste sur les failles opérationnelles du réseau, introduisant une nuance moins triomphaliste : l'ambition de 2029 devra d'abord composer avec des infrastructures existantes sous tension. Les deux lectures ne se contredisent pas, mais elles ne racontent pas tout à fait la même histoire : l'une regarde vers l'objectif, l'autre vers les obstacles.
La question Jubël
Les 400 milliards annoncés reposent-ils sur des financements déjà sécurisés, ou constituent-ils une enveloppe cible dont la mobilisation reste conditionnelle à des négociations avec bailleurs et partenaires privés ? Et si 86 % des Sénégalais ont accès à l'électricité, combien d'entre eux bénéficient d'une fourniture stable et suffisante pour permettre une activité économique réelle, au-delà du simple raccordement formel ?
Sources : Financial Afrik, Senego
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