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Justice

Affaire Softcare : le Parlement face aux failles du contrôle sanitaire

L'Assemblée nationale examine un rapport qui pointe des matières premières périmées et des défaillances institutionnelles dans une usine de Mbour.

Dessin de repli : Le sceau du contrôle sanitaire, apposé sur une porte close.
Le dessin de JubëlLe sceau du contrôle sanitaire, apposé sur une porte close.

Le fait

Ce vendredi 2 octobre 2026, l'Assemblée nationale du Sénégal a tenu une séance plénière consacrée à l'examen du rapport de la Mission d'information parlementaire sur la commercialisation des produits de marque Softcare. Ce rapport, issu d'une enquête menée sur le site industriel de l'entreprise à Sindia, dans la région de Mbour, conclut à la présence avérée de matières premières périmées, ainsi qu'à des dysfonctionnements dans la gestion des stocks et dans le dispositif de contrôle institutionnel.

Le contexte

L'affaire Softcare s'inscrit dans un débat plus large sur la fiabilité des filières de production de produits de grande consommation au Sénégal. La Mission d'information parlementaire a été constituée précisément pour établir les faits après des signalements sur les conditions de fabrication dans cette unité industrielle. Si les enquêteurs ont bien constaté la présence de matières périmées sur le site, ils indiquent ne pas disposer de preuves scientifiques établissant que ces matières ont été effectivement incorporées dans les produits finis mis sur le marché. Cette nuance est centrale : elle sépare un manquement avéré aux bonnes pratiques industrielles d'un risque sanitaire directement démontré pour les consommateurs. Le ministre de l'Industrie et du Commerce a, pour sa part, plaidé devant les députés en faveur d'un délai accordé à l'entreprise pour corriger les manquements relevés, invoquant la nécessité de préserver les investissements et les emplois liés à ce site.

Les angles

L'Agence de presse sénégalaise met en avant la position du gouvernement, soucieux d'éviter une fermeture précipitée qui pénaliserait l'emploi local, ce qui reflète une tension classique entre régulation et attractivité économique. All Africa, reprenant la dépêche de l'APS, insiste davantage sur la dimension factuelle du rapport : les défaillances de contrôle et les stocks périmés constituent en eux-mêmes des manquements graves, indépendamment de leur traçabilité jusqu'au produit final. Le Soleil et Ndarinfo, plus sobres, documentent le déroulement institutionnel de la séance sans hiérarchiser les révélations. Aucune source ne fait état, à ce stade, de suites judiciaires formellement engagées.

La question Jubël

Si l'absence de preuve scientifique quant à l'incorporation des matières périmées dans les produits finis constitue une garantie juridique pour l'entreprise, suffit-elle à garantir la sécurité des consommateurs qui ont déjà acheté ces produits ? Et dans quelle mesure les « défaillances institutionnelles » relevées par la Mission engagent-elles la responsabilité des autorités de contrôle elles-mêmes, au-delà de celle de l'industriel ?

Sources : All Africa (fr), APS, Le Soleil, Ndarinfo

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