Ziguinchor : l'État mobilise des crédits pour deux ponts en Casamance
Le Premier ministre a enjoint les ministères des Finances et des Infrastructures de budgéter la réfection du pont Émile Badiane et un second ouvrage.
Le fait
Mercredi 30 septembre 2026, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a formellement demandé aux ministres chargés des Finances et des Infrastructures de dégager les crédits budgétaires nécessaires à deux chantiers distincts à Ziguinchor : la réfection du pont Émile Badiane, ouvrage existant et vieillissant, et le démarrage des travaux de construction d'un second pont sur le fleuve Casamance.
Le contexte
Le pont Émile Badiane constitue l'unique liaison routière permanente entre Ziguinchor et la rive nord du fleuve Casamance, rendant toute la région tributaire d'un seul ouvrage pour ses échanges économiques et ses déplacements quotidiens. Sa vétusté est documentée de longue date, et la question d'un second franchissement a été soulevée à plusieurs reprises sans jamais déboucher sur un engagement budgétaire formalisé. La Casamance souffre structurellement de son enclavement par rapport au reste du territoire sénégalais, enclavement que l'instabilité passée n'a fait qu'aggraver. La demande formulée par le chef du gouvernement s'inscrit donc dans une logique de désenclavement plus large, portée notamment par les projets d'axe routier Dakar-Ziguinchor.
Les angles
Leral et les deux entrées d'All Africa (reprenant respectivement l'APS et Le Soleil) convergent sur les mêmes faits et la même formulation officielle, signalant une communication gouvernementale coordonnée plutôt qu'une couverture indépendante. Aucune source ne précise le montant des crédits envisagés, ni le calendrier de leur inscription au budget. Les articles restent au stade de l'injonction du Premier ministre, sans confirmation d'un arbitrage budgétaire effectif ni d'un bureau d'études mandaté pour le second pont.
La question Jubël
L'engagement de « prévoir des crédits » diffère substantiellement d'une inscription budgétaire arrêtée : combien de fois cette promesse a-t-elle déjà été formulée pour Ziguinchor, et quels mécanismes de suivi garantissent cette fois-ci qu'elle ne restera pas lettre morte ? Plus fondamentalement, dans une région où la connectivité conditionne la cohésion nationale autant que le développement économique, l'État a-t-il chiffré le coût de l'inaction par rapport au coût des travaux ?
Sources : Leral, All Africa (fr)
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