Passes d'armes judiciaires entre Pastef et Takku Wallu à l'Assemblée
Un accrochage entre deux députés, mardi 30 septembre, dégénère en bataille de communiqués et de plaintes croisées.
Le fait
Le 30 septembre 2026, un incident oppose dans l'enceinte de l'Assemblée nationale le député Ousmane Fall, membre du groupe Pastef-Les Patriotes, et le député Abdou Mbow, figure du groupe Takku Wallu Sénégal (coalition de l'APR). Le lendemain, les deux groupes publient des communiqués antagonistes et annoncent chacun des poursuites judiciaires.
Le contexte
Les relations entre la majorité parlementaire adossée à Pastef et les groupes de l'opposition héritiers de l'ancien pouvoir n'ont jamais retrouvé un équilibre serein depuis la recomposition politique consécutive aux élections de 2024. Abdou Mbow, qui occupait sous la précédente législature un poste de premier vice-président de l'Assemblée, reste l'une des voix les plus actives de l'opposition, ce qui en fait une cible privilégiée des tensions de séance. Ces affrontements verbaux, récurrents, révèlent la fragilité d'une chambre où la cohabitation entre anciens gouvernants et nouveaux tenants du pouvoir s'effectue sous haute pression, dans un espace physique que rien n'isole vraiment du reste de la vie politique.
Les angles
Xibaaru et Leral relaient en priorité la version de Takku Wallu : le groupe dénonce des propos jugés insultants à l'encontre d'Abdou Mbow et annonce une plainte visant Ousmane Fall. Dakaractu et Senego donnent davantage de place à la réplique de Pastef, qui renverse la charge de la responsabilité et décrit Abdou Mbow comme l'instigateur de provocations répétées, ajoutant qu'Ousmane Fall a lui-même saisi un avocat. Ndarinfo adopte une présentation plus équilibrée, soulignant que les deux groupes « se rejettent la faute » sans qu'une version ne soit encore établie de manière indépendante. La chronologie exacte de l'incident, et la nature précise des propos échangés, demeurent contestées.
La question Jubël
Deux plaintes croisées, deux récits incompatibles : le droit est convoqué non pour établir une vérité, mais pour prolonger un combat politique par d'autres moyens. Dans ce cadre, que peut véritablement produire l'institution judiciaire, et à quel moment le recours systématique aux tribunaux entre parlementaires cesse-t-il d'être une garantie démocratique pour devenir un instrument d'obstruction réciproque ?
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