Cancer du col de l'utérus : le Sénégal face à l'écueil du dépistage
La vaccination HPV progresse, mais le Sénégal reste structurellement éloigné des cibles d'élimination fixées par l'OMS pour 2030.
Le fait
Le Pr Omar Gassama, spécialiste de la question, a déclaré le 1er octobre 2026 que le Sénégal, malgré des avancées notables en matière de vaccination contre le papillomavirus humain (HPV), demeure très en deçà des objectifs d'élimination du cancer du col de l'utérus fixés par l'Organisation mondiale de la Santé à l'horizon 2030. Le taux de dépistage reste inférieur à 15 %, et l'accès aux soins spécialisés continue de faire défaut à une large partie de la population.
Le contexte
L'OMS a défini, dans sa stratégie mondiale, trois cibles dites « 90-70-90 » : 90 % des filles vaccinées avant l'âge de 15 ans, 70 % des femmes dépistées par un test performant avant 35 puis 45 ans, et 90 % des patientes atteintes prises en charge de manière appropriée. Le cancer du col de l'utérus constitue l'un des cancers les plus meurtriers chez les femmes en Afrique subsaharienne, où la détection tardive aggrave considérablement le pronostic vital. Au Sénégal, la vaccination HPV a été intégrée au calendrier vaccinal national, ce qui représente un acquis réel, mais les deux autres piliers de la stratégie, le dépistage et le traitement, accusent un retard structurel que quatre ans de politique publique ne suffiront vraisemblablement pas à combler.
Les angles
L'APS, relayant le propos du spécialiste dans un registre factuel et institutionnel, souligne le déséquilibre entre les progrès vaccinaux et la stagnation du dépistage. Senego, de son côté, met davantage en relief le caractère inaccessible, selon le Pr Gassama, de l'objectif 2030, pointant la faiblesse de l'offre de soins spécialisés comme frein déterminant. Les deux sources convergent sur un constat commun : l'effort consenti en amont de la chaîne de santé ne trouve pas encore de prolongement cohérent dans les maillons du dépistage et de la prise en charge.
La question Jubël
Le Sénégal a su mobiliser des ressources et une volonté politique pour déployer la vaccination HPV à l'échelle nationale, mais le dépistage, moins visible et moins médiatisé, requiert une infrastructure de proximité, une formation des agents de santé et une adhésion des femmes qui supposent d'autres leviers que la seule campagne vaccinale. Dans quelle mesure les stratégies nationales de santé intègrent-elles réellement cette asymétrie d'effort, et qui sera tenu responsable, en 2030, de l'écart entre les ambitions affichées et les résultats obtenus ?
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