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Économie

Pétrole et pêche artisanale : Djifère entre deux eaux

Les communautés côtières de la Petite-Côte et du nord alertent sur les restrictions d'accès aux zones de pêche liées aux infrastructures énergétiques.

Dessin de repli : Le développement inclusif : accessible à tous, sauf aux 500 premiers mètres.
Le dessin de JubëlLe développement inclusif : accessible à tous, sauf aux 500 premiers mètres.

Le fait

Mardi 29 septembre 2026, les membres du Conseil local de la pêche artisanale (CLPA) de Djifère, dans la commune de Palmarin (région de Fatick), ont tenu une rencontre de plaidoyer communautaire en partenariat avec Greenpeace Afrique. L'objet : documenter et dénoncer les effets de l'exploitation pétrolière du champ de Sangomar sur les pratiques de pêche locales. Simultanément, à Saint-Louis, une campagne est lancée pour défendre l'accès au récif de Diattara, affecté selon les pêcheurs par les activités gazières offshore.

Le contexte

Djifère est décrite comme un « poumon économique » du Sine-Saloum : ses quelques milliers de pêcheurs artisanaux alimentent des filières de transformation et de commercialisation qui structurent l'économie locale sur plusieurs communes. Depuis le démarrage de la production au champ de Sangomar, opéré par Woodside, un périmètre de sécurité de 500 mètres autour de la plateforme est imposé, rendant inaccessibles des zones de pêche traditionnellement fréquentées par les pirogues. À Saint-Louis, c'est le récif de Diattara qui est au cœur des inquiétudes : plus de 400 pirogues seraient concernées par les restrictions d'accès liées aux infrastructures gazières. Dans les deux cas, les acteurs locaux évoquent une raréfaction des ressources halieutiques dont ils peinent à distinguer la part imputable aux activités pétrolières de celle liée à la surpêche ou aux variations climatiques.

Les angles

L'APS et Le Soleil restituent fidèlement les éléments de la rencontre de plaidoyer, en citant notamment le chargé de campagne « Océans » de Greenpeace Afrique, Amadou Oumar Touré, sans approfondir les réponses des opérateurs ou de l'État. Senego apporte un angle plus opérationnel en chiffrant concrètement la contrainte : le périmètre de 500 mètres et ses effets directs sur la mobilité des pirogues. La même source signale la mobilisation à Saint-Louis autour du récif de Diattara, élargissant la question à l'ensemble du littoral nord. SenePlus couvre l'événement sans apporter d'éléments supplémentaires sur les positions institutionnelles. Aucune source ne rapporte de réponse officielle du ministère des Pêches ni de Woodside.

La question Jubël

Le Sénégal a construit son ambition pétro-gazière sur la promesse d'un développement inclusif profitant aux populations locales, or les premières à en subir les contraintes opérationnelles sont précisément celles dont les moyens de subsistance dépendent de la mer. Existe-t-il un mécanisme de compensation ou de concertation formalisé entre les opérateurs, l'État et les communautés de pêcheurs, et si oui, pourquoi n'est-il pas visible dans le débat public ? La reconnaissance juridique des droits d'usage coutumiers sur les zones de pêche côtières a-t-elle été intégrée dans les cahiers des charges des licences d'exploitation ?

Sources : APS, Senego, Le Soleil, SenePlus

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