L'UCAD condamnée à 5 milliards de FCFA pour des exclusions vieilles de dix ans
Une astreinte judiciaire non exécutée depuis 2019 aboutit à une facture record pour l'université publique sénégalaise.
Le fait
Le tribunal des référés a condamné l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) à verser cinq milliards de francs CFA à trois anciens étudiants de la Faculté des sciences économiques et de gestion (Faseg). Cette décision correspond à la liquidation provisoire d'une astreinte prononcée en 2019 par la Cour suprême, restée sans exécution. À l'origine de l'affaire, des exclusions disciplinaires prononcées en 2016 à la suite de troubles sur le campus.
Le contexte
En 2016, la commission de discipline de l'UCAD avait exclu trois étudiants dans un contexte de tensions récurrentes au sein de l'université. Ces derniers avaient contesté la mesure devant les juridictions compétentes et obtenu gain de cause : la Cour suprême avait, en 2019, ordonné leur réintégration, assortissant cette injonction d'une astreinte financière destinée à contraindre l'établissement à s'exécuter. L'UCAD n'ayant pas donné suite à cette décision, l'astreinte a continué de courir pendant plusieurs années. La liquidation judiciaire de cette somme, intervenue en 2026, aboutit à un montant de cinq milliards de FCFA, soit l'une des condamnations les plus lourdes jamais infligées à une institution d'enseignement supérieur publique au Sénégal.
Les angles
Dakaractu insiste sur le mécanisme juridique de l'astreinte et rappelle la chronologie précise de la procédure, depuis l'exclusion initiale jusqu'à la liquidation provisoire. Ndarinfo met davantage l'accent sur la portée symbolique de la condamnation, en qualifiant les trois plaignants d'« anciens » étudiants, soulignant ainsi les années perdues. Les deux sources s'accordent sur les chiffres et la nature de la décision, sans que la presse consultée rende compte d'une réaction officielle de la direction de l'UCAD ni d'une éventuelle voie de recours engagée par l'établissement.
La question Jubël
Qu'est-ce qui, au sein de l'UCAD, a permis qu'une injonction de la Cour suprême demeure lettre morte pendant plus de sept ans, au point que l'astreinte atteigne un montant susceptible de fragiliser le budget d'une université dont les ressources propres sont structurellement limitées ? Et si la véritable question n'était pas tant celle de cette condamnation que celle des mécanismes de gouvernance interne qui rendent l'exécution des décisions de justice, même définitives, aussi aléatoire dans les établissements publics sénégalais ?
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