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Politique

Code pétrolier : le gouvernement saisit le Conseil constitutionnel

L'examen d'une proposition de loi modifiant le Code pétrolier est suspendu après un recours gouvernemental qui ravive des tensions sur les engagements de campagne.

Dessin de repli : La souveraineté populaire sur les ressources : promise à la tribune, verrouillée par le prétoire.
Le dessin de JubëlLa souveraineté populaire sur les ressources : promise à la tribune, verrouillée par le prétoire.

Le fait

Le gouvernement sénégalais a saisi le Conseil constitutionnel d'un recours visant à faire déclarer irrecevable une proposition de loi portant modification du Code pétrolier. L'examen de ce texte, initialement inscrit à l'ordre du jour d'une plénière de la deuxième session extraordinaire de l'Assemblée nationale tenue ce mardi, a été reporté en conséquence. L'annonce a été faite par le député Ismaila Diallo, qui présidait la séance.

Le contexte

La modification du Code pétrolier porte en son cœur une question de gouvernance des ressources naturelles : qui, du pouvoir exécutif ou du Parlement, détient le dernier mot sur les contrats pétroliers et gaziers ? Le Sénégal, entré dans une nouvelle phase de son histoire extractive avec les premiers flux d'hydrocarbures, est confronté à la nécessité de définir un cadre de contrôle démocratique de ces revenus. La proposition de loi soumise à l'Assemblée cherchait précisément à renforcer le rôle du Parlement dans ce processus. La décision de l'exécutif de bloquer l'examen par voie constitutionnelle introduit un bras de fer institutionnel dont l'issue conditionnera durablement l'architecture de gouvernance pétrolière du pays.

Les angles

L'Agence de presse sénégalaise, relayée par All Africa, s'en tient aux faits procéduraux : le recours, le report, la plénière suspendue. Senego adopte une lecture politique plus tranchée, en citant un membre du parti au pouvoir, Pastef, pour pointer une contradiction entre les engagements de campagne du président Bassirou Diomaye Faye, qui avait promis de soumettre les contrats pétroliers à l'approbation explicite de l'Assemblée nationale, et l'attitude actuelle de l'exécutif qui bloque le mécanisme même permettant cette approbation. Cette tension interne au camp présidentiel constitue le principal apport des sources indépendantes.

La question Jubël

Un gouvernement issu d'un programme électoral fondé sur la souveraineté populaire face aux ressources naturelles peut-il, sans contradiction, recourir au Conseil constitutionnel pour court-circuiter le contrôle parlementaire de ces mêmes ressources ? Et si la Constitution s'avère effectivement un obstacle à cette transparence promise, le gouvernement entend-il en tirer les conséquences en proposant une révision, ou s'accommoder durablement d'un écart entre le discours fondateur et la pratique institutionnelle ?

Sources : All Africa (fr), Senego

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