Le TER relie enfin Dakar à l'AIBD, entre fierté et réserves
Mis en service le 28 septembre 2026, le prolongement du TER vers l'aéroport Blaise-Diagne suscite autant d'enthousiasme que d'interrogations.
Le fait
Le 28 septembre 2026, le ministre des Transports terrestres et aériens, Abdoul Ahad Ndiaye, a officiellement mis en service la deuxième phase du Train Express Régional (TER), reliant désormais la gare de Dakar à l'Aéroport International Blaise-Diagne (AIBD). Ce tronçon final de 19 kilomètres, en double voie électrifiée entre Diamniadio et l'AIBD, permet de rejoindre l'aéroport depuis le centre-ville en moins d'une heure, avec une fréquence d'un train toutes les vingt-quatre minutes.
Le contexte
Attendue depuis fin 2023, cette extension clôt un chantier dont la première phase, Dakar-Diamniadio, avait déjà transformé la mobilité dans la région capitale. Le coût de ce dernier tronçon dépasse 300 milliards de francs CFA, selon les chiffres communiqués lors de la cérémonie d'ouverture. La mise en service intervient à un peu plus d'un mois du coup d'envoi des Jeux Olympiques de la Jeunesse, dont Dakar est la ville hôte, conférant à cette inauguration une dimension symbolique autant qu'infrastructurelle. L'accès ferroviaire à un aéroport international constitue, dans la région ouest-africaine, une exception encore rare, ce qui place ce projet dans une perspective de rayonnement continental.
Les angles
RFI Afrique recueille des témoignages d'usagers visiblement soulagés par cette nouvelle liaison, soulignant l'aspect pratique et la rupture avec la dépendance au taxi ou au véhicule personnel pour rejoindre l'aéroport. Le Soleil et Senego s'en tiennent aux chiffres de l'investissement et à la parole officielle. En revanche, SeneNews et Senego rapportent les critiques du Collectif pour la défense des intérêts de la commune de Keur Moussa : tarif jugé excessif à 4 000 FCFA, horaires peu compatibles avec les vols nocturnes, et absence de solutions de mobilité pour le « dernier kilomètre » entre la gare aéroportuaire et les terminaux ou les destinations finales des voyageurs.
La question Jubël
Un investissement de 300 milliards de francs CFA produit une infrastructure dont le tarif d'accès reste hors de portée d'une fraction significative des usagers potentiels : à qui ce train est-il réellement destiné ? Et si la question de l'accessibilité tarifaire et de la continuité nocturne du service n'est pas résolue avant les Jeux Olympiques de la Jeunesse, le TER risque-t-il de devenir, malgré son évidente utilité, un équipement de prestige davantage qu'un outil de mobilité populaire ?
Sources : Senego, RFI Afrique, Le Soleil, SeneNews
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