Maroc : Fatima-Ezzahra El Mansouri, une première historique
Le roi Mohammed VI nomme la cheffe du PAM à la tête du gouvernement, six jours après la victoire de son parti aux législatives.
Le fait
Le mardi 29 septembre 2026, le roi Mohammed VI a reçu Fatima-Ezzahra El Mansouri au palais royal de Rabat et l'a nommée cheffe du gouvernement, la chargeant de former le nouvel exécutif. Avocate de formation, maire de Marrakech et ministre de l'Aménagement du territoire et de l'Habitat dans le gouvernement sortant, elle devient la première femme à diriger un gouvernement marocain depuis l'indépendance du royaume.
Le contexte
Cette nomination intervient six jours après la victoire du Parti Authenticité et Modernité (PAM), dont El Mansouri est la coordinatrice de la direction collégiale, aux élections législatives. La Constitution marocaine confie au roi la prérogative de nommer le chef du gouvernement au sein du parti arrivé en tête du scrutin, ce qui encadre formellement la marge de manœuvre royale tout en lui laissant le choix de la personnalité. El Mansouri, 50 ans, s'était imposée comme figure montante du PAM au fil d'un ancrage territorial solide à Marrakech et d'un passage remarqué à la tête d'un ministère technique à forte visibilité sociale. Son nom circulait dans les cercles politiques marocains depuis plusieurs années comme potentielle candidate à de hautes responsabilités exécutives.
Les angles
L'ensemble des sources convergent sur le caractère inédit de la nomination, la qualifiant uniformément de « tournant » ou de « première historique ». Jeune Afrique souligne que le nom d'El Mansouri circulait depuis longtemps, ce qui relativise l'effet de surprise et suggère une trajectoire délibérément construite. Financial Afrik insiste sur la dimension institutionnelle de la nomination, citant le communiqué de la Maison Royale, tandis que l'APS, relayant l'agence officielle marocaine, s'en tient au strict registre factuel. France 24 Afrique et Dakaractu replacent la nomination dans son contexte électoral immédiat, rappelant que le PAM avait remporté les législatives de la semaine précédente.
La question Jubël
La nomination d'une femme à ce poste est présentée unanimement comme un signal d'ouverture, mais dans un système où la monarchie conserve une prééminence constitutionnelle sur l'exécutif, quelle latitude réelle détiendra la nouvelle cheffe du gouvernement pour définir et conduire une politique autonome ? Et dans quelle mesure cette avancée symbolique s'accompagnera-t-elle d'une représentation féminine substantielle au sein du cabinet qu'elle est désormais chargée de former ?
Sources : Jeune Afrique, Dakaractu, Financial Afrik, APS, France 24 Afrique
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