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Éducation

Kolda, Mbacké : le déficit d'enseignants s'installe en chiffres

À la veille de la rentrée, deux académies sénégalaises publient des déficits précis qui révèlent l'ampleur structurelle de la pénurie.

Dessin de repli : Chaque année, les chiffres sont parfaits. Ce qui manque, c'est la suite.
Le dessin de JubëlChaque année, les chiffres sont parfaits. Ce qui manque, c'est la suite.

Le fait

À Kolda, l'Académie recense un manque de 43 enseignants au préscolaire et de 460 à l'élémentaire, auxquels s'ajoutent des carences prononcées dans les disciplines scientifiques. À Mbacké, l'Inspection de l'éducation et de la formation (IEF) chiffre le besoin à 53 postes pour l'élémentaire et 23 pour le moyen secondaire, soit 76 agents manquants au total, sans compter un déficit significatif en mobilier scolaire. Ces données sont rendues publiques à quelques jours de la rentrée scolaire 2026.

Le contexte

Ces chiffres s'inscrivent dans une dynamique connue : chaque rentrée expose les mêmes tensions, dans les mêmes régions, avec des ordres de grandeur similaires. Le sud et le centre du Sénégal figurent régulièrement parmi les zones les plus déficitaires, pâtissant à la fois de l'éloignement géographique et d'une attractivité moindre pour les enseignants nouvellement affectés. Le préscolaire, souvent traité comme un niveau secondaire dans les arbitrages budgétaires, accuse des lacunes particulièrement sévères. La pénurie dans les matières scientifiques à Kolda illustre, quant à elle, un déséquilibre disciplinaire qui compromet les ambitions affichées de renforcement des filières STEM dans l'enseignement public.

Les angles

Senego met l'accent sur la granularité des données fournies par l'Académie de Kolda, soulignant la distinction entre niveaux d'enseignement et la mention explicite des sciences. Le Soleil, de son côté, élargit le constat à l'infrastructure en associant le déficit humain au manque de mobilier, signalant ainsi une double pénurie qui dépasse la seule question des ressources humaines. Les deux sources s'appuient sur des chiffres officiels fournis par les instances déconcentrées de l'État, ce qui leur confère une crédibilité institutionnelle, mais limite également la possibilité d'un regard critique sur l'origine ou la méthode de calcul de ces estimations.

La question Jubël

Ces chiffres sont produits localement, publiés à la veille de la rentrée, puis absorbés dans le flux de l'actualité sans qu'il soit jamais rendu compte de leur résolution : combien de postes ont effectivement été pourvus, dans quel délai, avec quels profils ? La récurrence annuelle du constat sans suivi de son traitement pose la question de savoir si la publication de ces déficits relève d'un mécanisme de pilotage ou d'un simple rituel d'alerte sans portée correctrice vérifiable.

Sources : Senego, Le Soleil

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