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Économie

Transferts de migrants : le Sénégal, premier récepteur de l'UEMOA

Le Sénégal capte la part la plus importante des fonds envoyés par les diasporas dans la zone UEMOA, selon deux rapports publiés en septembre 2026.

Dessin de repli : L'argent de la diaspora arrive à flots. L'investissement productif, lui, attend son tour.
Le dessin de JubëlL'argent de la diaspora arrive à flots. L'investissement productif, lui, attend son tour.

Le fait

Un rapport du Fonds international de développement agricole (FIDA), publié le 24 septembre 2026, place le Sénégal en tête des pays de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) en matière de réception de transferts de fonds issus de la diaspora pour l'année 2025. Le lendemain, la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) publiait à son tour son rapport annuel sur les conditions bancaires dans la zone, offrant un cadre macroéconomique à ces flux.

Le contexte

Les transferts de fonds des migrants constituent, pour plusieurs économies ouest-africaines, une source de devises qui dépasse parfois les flux d'investissements directs étrangers ou l'aide publique au développement. Au Sénégal, ce phénomène est structurel : une diaspora estimée à plusieurs millions de personnes, présente en Europe, en Amérique du Nord et dans les pays du Golfe, entretient des liens financiers réguliers avec les ménages restés au pays. Ces envois soutiennent la consommation des familles, financent la construction de logements et participent, dans une moindre mesure, à des investissements productifs. La primauté du Sénégal au sein de l'UEMOA reflète à la fois le poids de sa diaspora et la relative efficacité des canaux de réception, qu'ils soient bancaires ou informels.

Les angles

Leral relaie les deux publications sans les mettre en tension, traitant le rapport du FIDA et celui de la BCEAO comme deux événements distincts plutôt que comme des documents complémentaires. Le rapport du FIDA insiste sur le volume des transferts reçus et le classement du Sénégal, tandis que le rapport de la BCEAO offre une lecture des conditions bancaires susceptibles de faciliter ou de freiner la circulation de ces fonds. La presse institutionnelle sénégalaise met en avant la performance macroéconomique, sans interroger la qualité de l'utilisation de ces ressources ni les coûts de transaction qui en diminuent la valeur nette.

La question Jubël

Si le Sénégal domine le classement régional en volume de transferts reçus, quel pourcentage de ces fonds alimente réellement l'investissement productif plutôt que la seule consommation courante ou le secteur immobilier ? Et les politiques publiques sénégalaises disposent-elles des instruments pour orienter ces flux vers des secteurs créateurs d'emplois durables, ou s'en remettent-elles à la seule initiative individuelle des ménages de la diaspora ?

Sources : Leral, rapport FIDA, Leral, rapport BCEAO

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