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Économie

Transparence budgétaire : le Sénégal à 42/100, entre progrès timides et contestation

Une note insuffisante à l'indice mondial, des mesures d'austérité dénoncées : la gouvernance financière sénégalaise est sous pression.

Le fait

Selon la dernière Enquête sur le budget ouverte, le Sénégal obtient une note de 42 sur 100 en matière de transparence budgétaire, score en légère progression mais demeurant en deçà du seuil minimal requis par les standards internationaux. Dans le même temps, le mouvement Sénégal Bi Nu Bokk publie un communiqué dénonçant ce qu'il désigne comme une politique d'austérité dissimulée derrière le langage technique de la récente Déclaration de Politique Générale.

Le contexte

La transparence budgétaire constitue un indicateur structurant de la qualité de la gouvernance publique : elle conditionne la confiance des bailleurs multilatéraux, la crédibilité des réformes fiscales et, en dernière instance, la capacité de l'État à mobiliser des ressources intérieures. Un score de 42/100 signifie, en pratique, que les citoyens et les corps de contrôle disposent d'un accès limité à l'information budgétaire complète et en temps utile. Pour le Sénégal, qui s'est engagé dans un vaste programme de redressement des finances publiques depuis la révélation d'un déficit public plus élevé qu'annoncé, cet écart entre les ambitions affichées et les résultats mesurés est particulièrement saillant. Le mouvement Sénégal Bi Nu Bokk pointe trois mesures qu'il juge préoccupantes, parmi lesquelles la restructuration de la dette sous supervision du FMI, et réclame par ailleurs des clarifications sur les modalités du contrat passé avec Kosmos Energy, acteur clé du secteur gazier sénégalais.

Les angles

Le Quotidien aborde la question par le prisme de l'indice international, insistant sur le caractère objectif et comparatif de la mesure, et souligne que les « légers progrès » enregistrés ne suffisent pas à qualifier le Sénégal de bonne élève en la matière. Dakaractu, en donnant la parole au Réseau des Cadres de Sénégal Bi Nu Bokk, adopte un angle plus politique : la critique ne porte pas seulement sur les chiffres, mais sur l'orientation idéologique des choix économiques et sur l'opacité perçue autour de certains contrats extractifs. Les deux lectures se rejoignent sur un point fondamental : l'écart entre le discours de transparence affiché et les pratiques effectives de communication budgétaire.

La question Jubël

Si le gouvernement sénégalais se réclame d'une rupture avec les pratiques antérieures de gestion opaque, pourquoi la note de transparence budgétaire stagne-t-elle à un niveau aussi éloigné des standards requis ? Et dans quelle mesure les institutions de contrôle internes, Assemblée nationale en tête, disposent-elles réellement des moyens et de l'information nécessaires pour exercer leur mission de surveillance des finances publiques ?

Sources : Le Quotidien, Dakaractu

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