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Économie

Immobilier sénégalais : un marché en queue de peloton africain

Le Sénégal figure parmi les marchés immobiliers les plus opaques d'Afrique, selon le classement mondial 2026, ce qui interroge ses capacités d'attraction.

Dessin de repli : Pour réguler un marché, encore faut-il pouvoir le voir.
Le dessin de JubëlPour réguler un marché, encore faut-il pouvoir le voir.

Le fait

Le Global Real Estate Transparency Index 2026 place le Sénégal au 79e rang sur 88 marchés mondiaux analysés, et au 16e rang sur 19 marchés africains. Ce classement met en lumière un déficit structurel de transparence qui affecte les données disponibles, la lisibilité des règles et la fiabilité des transactions. Parallèlement, la cherté des loyers dans les grandes agglomérations sénégalaises suscite des appels à une régulation publique renforcée.

Le contexte

Le Global Real Estate Transparency Index est une référence internationale produite par le cabinet Jones Lang LaSalle ; il mesure la qualité de l'information disponible sur les marchés fonciers et immobiliers, la clarté du cadre réglementaire et l'accessibilité des données de transaction. Un marché opaque décourage les investisseurs institutionnels étrangers, qui exigent une visibilité minimale avant tout engagement. Au Sénégal, l'absence de bases de données foncières publiques et consolidées, conjuguée à la complexité du droit des sols, crée un environnement où les prix se forment dans l'obscurité. Dans ce contexte, la flambée des loyers urbains frappe en priorité les ménages à revenus intermédiaires, coincés entre un parc de logements sociaux insuffisant et un secteur privé peu régulé. Mohamed Faye, directeur général de Cautiona, société spécialisée dans la garantie locative, a interpellé publiquement le président de la République pour l'adoption d'une régulation numérique du marché locatif.

Les angles

SeneNews place le classement GRETI au centre de son analyse et souligne le lien entre opacité et faible attractivité pour les capitaux extérieurs, posant la question des réformes structurelles nécessaires. Le Quotidien, de son côté, adopte l'angle du pouvoir d'achat et des ménages locataires, en donnant la parole à un acteur du secteur privé qui appelle l'État à intervenir par des outils numériques de transparence tarifaire. Les deux lectures se complètent : l'une regarde le marché depuis l'investisseur étranger, l'autre depuis le locataire sénégalais, mais toutes deux convergent vers le même diagnostic, celui d'un marché insuffisamment encadré.

La question Jubël

La régulation numérique réclamée par un acteur privé de la garantie locative suffit-elle à répondre à un déficit de transparence qui plonge ses racines dans la gestion foncière elle-même, souvent opaque bien avant que le moindre bail soit signé ? Et dans quelle mesure l'État sénégalais dispose-t-il, aujourd'hui, des outils cadastraux et statistiques sans lesquels toute politique du logement reste une déclaration d'intention ?

Sources : SeneNews, Le Quotidien

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