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Économie

Sadio Mané mise sur la mangue pour transformer Bambali

L'attaquant sénégalais engage plus de 11,7 milliards de FCFA dans un complexe agro-industriel à Bambali, son village natal.

Dessin de repli : Là où l'État n'a pas tracé de route, la mangue est priée de frayer son propre chemin.
Le dessin de JubëlLà où l'État n'a pas tracé de route, la mangue est priée de frayer son propre chemin.

Le fait

Sadio Mané annonce un investissement de plus de 11,7 milliards de FCFA dans un projet agro-industriel à Bambali, localité de la région de Sédhiou dont il est originaire. Le complexe prévu s'étend sur 500 hectares et comprend la plantation de 78 000 manguiers, associée à une unité de transformation. Quelque 1 000 emplois directs sont annoncés à terme.

Le contexte

Bambali est une commune rurale du sud du Sénégal, enclavée et longtemps dépourvue d'infrastructures économiques structurantes. Mané y avait déjà financé une école, un hôpital et une mosquée, affirmant publiquement son attachement au développement local plutôt qu'à la seule visibilité médiatique. Ce nouvel investissement marque un changement d'échelle : il ne s'agit plus de philanthropie ponctuelle mais d'un projet productif à vocation industrielle, ancré dans une filière, celle de la mangue, dont le Sénégal est l'un des producteurs ouest-africains significatifs mais dont la transformation locale demeure structurellement faible. Le secteur agro-industriel sénégalais souffre en effet d'un déficit chronique d'unités de première et deuxième transformation, condamnant une large part de la production à l'exportation brute ou aux pertes post-récolte.

Les angles

Leral insiste sur la continuité du lien entre le joueur et son village, retraçant une trajectoire qui va de Génération Foot à Al-Nassr sans rupture avec les origines. Senego privilégie les chiffres du projet, la superficie, le nombre d'arbres, les emplois promis, conférant à l'annonce une dimension économique concrète plutôt que symbolique. Les deux sources s'accordent sur l'ampleur inédite de l'initiative, sans toutefois questionner le calendrier de réalisation ni les modalités de gouvernance de la structure porteuse.

La question Jubël

Un investissement de cette envergure dans une zone rurale enclavée suppose des conditions logistiques, foncières et institutionnelles que la seule notoriété de l'initiateur ne suffit pas à garantir. Qui porte juridiquement et opérationnellement le projet, et quels mécanismes assurent que les 1 000 emplois annoncés bénéficient prioritairement aux communautés locales plutôt qu'à une main-d'œuvre importée ? La mangue de Bambali pourrait-elle, à terme, redéfinir l'image d'une filière nationale trop longtemps capturée par l'aval exportateur étranger ?

Sources : Leral, Senego

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