Diomaye soutient Macky Sall à l'ONU : les victimes interpellent
Trois collectifs de victimes des violences politiques de 2021-2024 dénoncent le soutien présidentiel à la candidature de l'ancien chef de l'État.
Le fait
Dans des déclarations accordées à RFI et France 24, le président Bassirou Diomaye Faye a affiché son soutien à la candidature de son prédécesseur Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies, affirmant : « Qui de mieux que Macky Sall pour défendre la place de l'Afrique à l'ONU ? » Cette prise de position a immédiatement suscité la réaction de plusieurs organisations représentant des victimes des violences politiques survenues sous l'ère Sall.
Le contexte
Macky Sall a gouverné le Sénégal de 2012 à 2024. Ses deux mandats se sont achevés dans un contexte de tensions politiques aiguës, marqué par des heurts qui ont fait des morts et des blessés entre 2021 et 2024, notamment lors des manifestations liées aux poursuites judiciaires contre l'opposant Ousmane Sonko, actuel Premier ministre. Bassirou Diomaye Faye, lui-même libéré de détention peu avant sa victoire à la présidentielle de mars 2024, était alors présenté comme le candidat de la rupture. Son soutien à Macky Sall crée dès lors un écart perceptible entre la rhétorique fondatrice de son accession au pouvoir et ses actes diplomatiques récents.
Les angles
Senego insiste sur la notion de « malaise » telle qu'exprimée par le Collectif des familles de victimes, soulignant la dimension émotionnelle et morale du désaccord. RFI Afrique précise que le collectif demande explicitement de ne pas « effacer la mémoire nationale », donnant à la controverse une portée mémorielle et symbolique. SeneNews élargit le tableau en mentionnant trois organisations distinctes, dont le Collectif des familles des martyrs et l'Initiative zéro impunité (IZI), qui réaffirment leurs exigences de vérité, de justice et de réparation. L'ensemble de la presse traite le sujet sans que la présidence ait, à ce stade, fourni de réponse aux interpellations des collectifs.
La question Jubël
Le soutien d'un chef d'État à une candidature internationale relève de la souveraineté diplomatique, mais dans quelle mesure un tel geste engage-t-il implicitement une lecture officielle des événements passés ? Les promesses de justice et de réparation formulées durant la campagne de 2024 disposent-elles d'un calendrier ou d'un mécanisme institutionnel qui les rendrait compatibles avec ce rapprochement affiché ?
Sources : RFI Afrique, Senego, SeneNews
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