Diomaye Faye à l'ONU : pour un ordre financier plus équitable
À New York, le président sénégalais a plaidé pour une réforme en profondeur du multilatéralisme et de l'architecture financière mondiale.
Le fait
Le 24 septembre 2026, Bassirou Diomaye Faye a pris la parole devant l'Assemblée générale des Nations Unies à New York. Il y a défendu une réforme structurelle de l'ONU, inscrite dans le cadre de l'initiative dite « ONU 80 », tout en appelant à une refonte profonde de l'architecture financière internationale. Le président sénégalais a en outre posé la paix durable comme indissociable du développement.
Le contexte
L'initiative « ONU 80 » s'inscrit dans l'approche du quatre-vingtième anniversaire de l'organisation, qui offre une fenêtre politique pour relancer des discussions sur la réforme du Conseil de sécurité, du système de vote et des institutions de Bretton Woods. Pour les pays du Sud global, ces réformes revêtent une dimension existentielle : les mécanismes actuels de financement du développement, les conditions d'accès aux marchés de capitaux et les règles d'endettement souverain sont perçus comme structurellement défavorables aux économies émergentes et africaines. Le Sénégal, qui ambitionne d'asseoir son rôle de puissance régionale à l'heure de l'exploitation de ses ressources gazières, a un intérêt direct à peser dans ce débat. Dakar porte par ailleurs depuis plusieurs années une position constante en faveur d'une représentation africaine renforcée au Conseil de sécurité.
Les angles
Senego insiste sur la défense du multilatéralisme comme valeur en soi, soulignant que Faye récuse toute tentation de réduire les ambitions de l'ONU au nom de l'efficacité. All Africa, relayant Lejecos, met davantage l'accent sur la dimension économique du discours : la réforme de l'architecture financière internationale y apparaît comme le cœur du propos, la paix durable n'étant envisageable qu'à la condition d'un développement équitable. Les deux traitements convergent sur le positionnement du président sénégalais comme voix du continent, sans toutefois détailler les propositions concrètes avancées à la tribune.
La question Jubël
La posture réformatrice est ancienne sur ce type de tribune onusienne, et les appels africains à une refonte de l'architecture financière se succèdent depuis des décennies sans traduction institutionnelle tangible. Dans ce contexte, la question qui mérite d'être posée est la suivante : quelles coalitions concrètes le Sénégal est-il en mesure de construire, au-delà des discours d'assemblée, pour transformer ces plaidoyers en leviers de négociation effectifs ?
Sources : Senego, All Africa (fr)
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