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International

Éthiopie : la guerre reprend dans le nord du pays

Les combats entre l'armée fédérale et plusieurs groupes armés s'intensifient dans les régions Amhara, Afar et Tigré.

Dessin de repli : L'accord de paix est conservé dans les meilleures conditions possibles.
Le dessin de JubëlL'accord de paix est conservé dans les meilleures conditions possibles.

Le fait

Les combats ont repris en Éthiopie entre les forces armées fédérales et plusieurs groupes rebelles actifs dans les États régionaux de l'Amhara et de l'Afar. Les autorités rebelles du Tigré ont déclaré la guerre totale contre le gouvernement d'Addis-Abeba. L'armée fédérale annonce avoir tué 272 combattants ennemis dans le nord du pays.

Le contexte

L'Éthiopie est le deuxième pays le plus peuplé d'Afrique et une puissance régionale dont la stabilité conditionne l'équilibre de toute la Corne du continent. Le pays abrite une mosaïque de groupes ethniques dont plusieurs ont constitué des formations armées aux agendas distincts : autonomie élargie, contrôle de ressources, représentation politique. La région du Tigré avait déjà été le théâtre d'un conflit dévastateur entre 2020 et 2022, soldé par un accord de paix signé à Pretoria dont l'application est restée partielle. La reprise des hostilités signale que cet accord n'a pas résolu les causes structurelles du conflit, à savoir la question du partage du pouvoir entre le gouvernement central et les entités régionales, ainsi que les rivalités interethniques que le système fédéral éthiopien a historiquement cristallisées plutôt qu'apaisées.

Les angles

France 24 Afrique met en avant les données militaires immédiates, notamment le bilan de combattants tués communiqué par l'armée fédérale, et la déclaration de « guerre totale » des autorités tigréennes. Le Monde Afrique adopte une lecture plus structurelle, insistant sur la complexité des alliances et des retournements entre belligérants, tous constitués sur des bases ethniques. Les deux sources convergent sur un point : la situation dépasse un simple regain de tension localisé et engage l'avenir du pays dans son ensemble. Aucune des deux ne rapporte de réaction de l'Union africaine, dont le siège se trouve précisément à Addis-Abeba, ni de positionnement des partenaires occidentaux.

La question Jubël

Un accord de paix signé sous médiation africaine, à peine quatre ans après sa conclusion, semble aujourd'hui insuffisant à contenir les dynamiques centrifuges d'un État fédéral de 120 millions d'habitants : faut-il en conclure que l'architecture institutionnelle éthiopienne elle-même fabrique les conditions de sa propre instabilité ? Et si la paix négociée à Pretoria n'a jamais été qu'une trêve, qui en était conscient au moment de la signature ?

Sources : France 24 Afrique, Le Monde Afrique

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