Diomaye à l'ONU : réforme du Conseil de sécurité et paix mondiale
En marge de la 81ᵉ Assemblée générale, le président sénégalais a porté un double plaidoyer : multilatéralisme renforcé et place équitable de l'Afrique.
Le fait
En marge de la 81ᵉ session de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye s'est entretenu avec le Secrétaire général António Guterres, jeudi 24 septembre 2026. Lors de son discours devant l'Assemblée, il a appelé à un « sursaut collectif » face à la multiplication des conflits armés, citant notamment les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient. La rencontre bilatérale a également porté sur la conférence internationale sur l'eau que le Sénégal coorganise en décembre.
Le contexte
Le rendez-vous onusien de septembre constitue, pour de nombreux chefs d'État africains, l'un des rares espaces où la question de la représentation du continent peut être portée devant l'ensemble de la communauté internationale. La réforme du Conseil de sécurité, réclamée de longue date par l'Union africaine au travers du Consensus d'Ezulwini, bute depuis des décennies sur les intérêts des membres permanents. António Guterres a, selon les sources présentes, qualifié d'injustice l'absence d'un siège permanent africain au Conseil. Le Sénégal, qui aspire à jouer un rôle de médiateur régional, s'inscrit dans un moment de forte instabilité au Sahel et d'effritement visible du multilatéralisme. La coorganisation d'une conférence sur l'eau en décembre place en outre Dakar sur un terrain de diplomatie thématique où les États du Sud cherchent à peser sur les agendas globaux.
Les angles
Leral et SenePlus insistent sur la dimension bilatérale de la rencontre Faye-Guterres, soulignant la convergence de vues entre les deux responsables sur les réformes institutionnelles. Senego met davantage en relief la formule de Guterres sur « l'injustice » faite à l'Afrique, lui conférant une portée symbolique forte. Aucune source ne détaille les positions exprimées sur les crises sahéliennes, ni les éventuels désaccords sur les modalités concrètes d'une réforme du Conseil. La conférence sur l'eau, mentionnée en filigrane, demeure sans précision quant à son format ou ses ambitions programmatiques.
La question Jubël
Si le diagnostic sur l'injustice de la représentation africaine fait désormais consensus jusqu'au sommet de l'ONU, quelle mécanique politique concrète le Sénégal entend-il activer pour transformer ce consensus rhétorique en négociation effective ? Et dans quelle mesure le choix de thèmes fédérateurs comme l'eau permet-il à Dakar de contourner les lignes de fracture qui divisent le continent sur les questions de sécurité ?
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