← Actualité
International

Éthiopie : la reprise d'aéroports ravive la menace d'un conflit ouvert

Des forces tigréennes ont pris le contrôle de plusieurs aéroports éthiopiens, faisant craindre l'effondrement de l'accord de paix de 2022.

Dessin de repli : L'accord de paix : bien encadré, mais la vitre ne résiste pas au premier décollage.
Le dessin de JubëlL'accord de paix : bien encadré, mais la vitre ne résiste pas au premier décollage.

Le fait

Des forces affiliées au Tigré ont pris le contrôle de plusieurs aéroports en Éthiopie, provoquant des affrontements avec les forces fédérales éthiopiennes. L'escalade, signalée le 23 septembre 2026, survient dans un contexte de tensions persistantes entre Addis-Abeba et la région du Tigré. La presse africaine et internationale s'en est immédiatement emparée, soulignant le risque d'un retour à une guerre ouverte.

Le contexte

L'Éthiopie avait conclu, en novembre 2022 à Pretoria, un accord de cessation des hostilités entre le gouvernement fédéral du Premier ministre Abiy Ahmed et le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), mettant fin à deux années d'un conflit ayant causé plusieurs centaines de milliers de morts et l'une des pires crises humanitaires du continent. Cet accord prévoyait notamment le désarmement progressif des forces tigréennes et leur intégration partielle dans l'armée nationale. La mise en œuvre de ces engagements a toutefois été lente et disputée, laissant des zones de friction importantes sur le terrain. Le contrôle des infrastructures stratégiques, aéroports en tête, constitue un enjeu de souveraineté central dans les négociations post-conflit. La prise de ces sites remet en cause la logique même du processus de normalisation.

Les angles

Africa News insiste sur la dimension militaire et sécuritaire de l'événement, décrivant des combats actifs entre les deux parties et qualifiant la situation d'escalade susceptible de rouvrir le cycle de guerre. RFI Afrique, pour sa part, cadre le sujet sous l'angle de l'inquiétude régionale et internationale, reflétant la préoccupation des chancelleries et des organisations continentales face à une situation dont la volatilité reste difficile à mesurer. Aucune des deux sources ne précise l'identité exacte des commandants impliqués ni le nombre d'aéroports concernés, laissant dans l'ombre l'ampleur réelle des opérations.

La question Jubël

L'accord de Pretoria a été salué comme une réussite diplomatique africaine, portée notamment par l'Union africaine. Si cet accord se révèle aujourd'hui incapable de contenir les dynamiques militaires sur le terrain, quelle crédibilité reste-t-il aux mécanismes de médiation continentale pour les conflits à venir ? Et surtout : les garanties prévues par le texte de 2022 ont-elles jamais été dotées des moyens de leur application ?

Sources : Africa News (fr), RFI Afrique

Chargement…

Les commentaires sont relus avant ou juste après publication. Pas d'injure, pas d'attaque personnelle, pas de propos communautaire. Adresse électronique facultative, jamais affichée.