← Actualité
Économie

Le Sénégal engage Yamata pour une deuxième raffinerie nationale

Un protocole d'accord signé à New York pose les bases d'une capacité de raffinage inédite et d'une modernisation de l'outil existant.

Le fait

En marge de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies, le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye a présidé, mercredi 23 septembre 2026 à New York, la signature d'un protocole d'accord entre la Société africaine de raffinage (SAR) et la compagnie turque Yamata. Ce texte ouvre la voie à la construction d'une deuxième raffinerie d'une capacité de quatre millions de tonnes, ainsi qu'à la modernisation de la raffinerie existante de Mbao, dans la banlieue de Dakar.

Le contexte

Le Sénégal ne dispose aujourd'hui que d'une seule unité de raffinage opérationnelle, celle de Mbao, héritée des décennies post-indépendance et dont les capacités ont été régulièrement jugées insuffisantes au regard de la demande nationale. La découverte de ressources en hydrocarbures offshore a relancé le débat sur la nécessité de disposer d'une infrastructure aval capable de transformer localement la production brute, plutôt que de l'exporter pour la réimporter sous forme de produits raffinés. L'accord avec Yamata s'inscrit dans cette logique de capture de valeur sur le territoire national. La signature à New York, dans le cadre d'une instance multilatérale de premier plan, confère à l'opération une visibilité diplomatique délibérée, signalant une ambition qui dépasse le cadre strictement industriel.

Les angles

Les sources institutionnelles, Le Soleil et l'APS, insistent sur la dimension présidentielle de la cérémonie et sur les deux volets de l'accord : construction d'une nouvelle unité et rénovation de l'existante. Xibaaru cadre l'événement sous l'angle de la souveraineté énergétique, reprenant le registre de communication du gouvernement sans y apporter de distance critique. Aucune source ne précise le calendrier de réalisation, le montage financier envisagé, ni les garanties éventuellement consenties à la partie turque, ce qui laisse plusieurs paramètres essentiels dans l'ombre.

La question Jubël

Un protocole d'accord trace une intention, non une obligation : combien d'accords similaires ont-ils, dans le passé récent, débouché sur des chantiers effectivement livrés, et dans quels délais ? La question du partage des risques financiers entre l'État sénégalais, la SAR et Yamata reste entière : dans quelle mesure ce partenariat transfère-t-il réellement la maîtrise industrielle au Sénégal, ou reproduit-il un modèle de dépendance mieux habillé ?

Sources : All Africa, Le Soleil, All Africa, APS, Xibaaru

2 min de lecture2 sourcesMéthodologie

Chargement…

Les commentaires sont relus avant ou juste après publication. Pas d'injure, pas d'attaque personnelle, pas de propos communautaire. Adresse électronique facultative, jamais affichée.