Code minier sénégalais : une réforme pour combler dix ans de lacunes
Le ministre des Mines reconnaît la non-application de pans entiers du Code de 2016 et plaide pour un nouveau cadre plus favorable au secteur privé national.
Le fait
Le ministre des Mines et de la Géologie, Cheikhou Oumar Seck, a annoncé ce jeudi 24 septembre 2026 l'engagement d'une réforme du Code minier sénégalais, actuellement régi par le texte adopté en 2016. Devant les acteurs du secteur, il a reconnu que plusieurs dispositifs de ce code demeurent inappliqués, et défendu une révision élaborée en concertation avec les parties prenantes.
Le contexte
Le Code minier de 2016 avait été présenté en son temps comme une avancée majeure : meilleur partage des revenus, exigences de contenu local, encadrement des droits communautaires. Une décennie plus tard, l'écart entre le texte et la pratique apparaît significatif, au point que le ministre lui-même en fait le constat public. Cette situation s'inscrit dans un contexte plus large : le Sénégal, en phase d'exploitation de ressources gazières et pétrolières depuis 2024, cherche à consolider une doctrine cohérente de valorisation de ses sous-sols. La question du secteur privé national, largement absent des chaînes de valeur minières à haute valeur ajoutée, constitue l'un des nœuds les plus sensibles de cette réforme. Le nouveau cadre annoncé vise précisément à corriger ce déséquilibre en ouvrant davantage d'espace aux opérateurs sénégalais.
Les angles
Le Soleil, journal institutionnel, met en avant la dimension positive de l'annonce : le futur code est présenté comme un levier d'avantages compétitifs pour le Sénégal et d'inclusion du privé national. Senego adopte un angle plus critique en soulignant d'emblée le constat d'échec partiel du dispositif actuel, plaçant la parole du ministre dans une logique d'autocritique plutôt que de simple annonce. Les deux sources convergent toutefois sur l'identité de l'acteur central et sur la méthode affichée : une réforme concertée avec les professionnels du secteur, présentée comme gage de meilleure appropriation.
La question Jubël
Si le Code de 2016 n'a pas été appliqué dans plusieurs de ses dispositions, quels mécanismes institutionnels ou intérêts ont permis que cet écart persiste pendant dix ans sans correction ? Et la promesse d'une concertation avec les « acteurs du secteur », dont les majors minières internationales font partie, suffit-elle à garantir que le prochain code ne reproduira pas les mêmes angles morts au détriment des populations et des collectivités locales concernées ?
Commentaires
Charte des commentairesChargement…