Maroc : le PAM en tête, mais une majorité à construire
Le scrutin législatif marocain consacre le PAM sans lui offrir de majorité claire, sur fond de forte abstention et de retour du PJD.
Le fait
Le Parti Authenticité et Modernité (PAM) arrive en tête des élections législatives marocaines avec 97 sièges sur 395 à la Chambre des représentants, selon les résultats provisoires annoncés par le ministre de l'Intérieur. Il devance le Rassemblement national des indépendants (RNI) et l'Istiqlal, ses partenaires au sein de la coalition gouvernementale sortante. Le Parti de la Justice et du Développement (PJD) réalise pour sa part une remontée notable après son effacement lors du précédent scrutin.
Le contexte
Le scrutin intervenait dans un contexte de tension sociale marquée : pouvoir d'achat en érosion, chômage persistant et inégalités structurelles avaient dominé la campagne, alimentant une défiance visible envers la classe politique. Le taux de participation, qualifié de faible par l'ensemble des observateurs, interroge la légitimité populaire du prochain exécutif. Selon la Constitution marocaine, le roi Mohammed VI doit désormais nommer un chef du gouvernement issu du parti arrivé en tête, ouvrant une phase institutionnelle dont les contours restent à définir. La recomposition de la coalition sera d'autant plus délicate que le PJD, revenu en force, redistribue les équilibres au sein d'un Parlement très fragmenté.
Les angles
Jeune Afrique insiste sur la double lecture du scrutin : si la majorité sortante se maintient globalement, la remontée du PJD et le recul de la participation affaiblissent la portée politique du résultat. Africa News met davantage l'accent sur la dimension sociale du vote, rappelant que les électeurs se sont prononcés dans un climat de défiance structurelle à l'égard des partis. Les deux sources convergent sur un point : la formation du gouvernement sera un exercice d'équilibrisme, entre arithmétique parlementaire et priorités sociales urgentes que le prochain cabinet ne pourra ignorer.
La question Jubël
Un PAM victorieux avec moins d'un siège sur quatre disponibles, dans un pays où l'abstention tend à s'installer comme premier choix électoral : est-ce encore la composition de la coalition qui importe, ou bien le système de représentation lui-même qui est en train de perdre sa capacité à agréger les attentes sociales ? Et si la véritable inconnue n'était pas le nom du prochain chef du gouvernement, mais la durabilité d'un modèle politique fondé sur des majorités arithmétiques construites après, et non avant, le vote ?
Sources : Jeune Afrique, Africa News (fr)
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