Guterres plaide pour l'Afrique au Conseil de sécurité, sans être entendu
Dans son ultime discours à l'ONU, le secrétaire général sortant remet sur la table une réforme vieille de trente ans.
Le fait
Le 22 septembre 2026, devant la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies, António Guterres a prononcé son dernier discours d'ouverture en tant que secrétaire général. Il y a plaidé pour une réforme du Conseil de sécurité incluant une représentation permanente du continent africain, dont le mandat se termine à la fin de l'année.
Le contexte
La question de la réforme du Conseil de sécurité n'est pas nouvelle. Depuis les années 1990, des voix s'élèvent pour dénoncer une architecture institutionnelle figée dans les rapports de force de l'après-guerre de 1945. L'Afrique, continent de 54 États et de plus d'un milliard quatre cents millions d'habitants, n'y dispose d'aucun siège permanent. Les membres permanents actuels, États-Unis, Royaume-Uni, France, Russie et Chine, détiennent chacun un droit de veto qui leur permet de bloquer toute résolution, y compris celles concernant des crises africaines. Guterres, dont le second mandat s'achève, choisit ce discours d'adieu pour rappeler que les institutions mondiales reflètent encore, selon ses propres termes, "les réalités et les intérêts du pouvoir d'une époque" révolue. Ce positionnement de fin de mandat lui permet une liberté de ton que les contraintes diplomatiques ordinaires rendaient difficile.
Les angles
Dakaractu et Le Soleil couvrent l'événement avec une attention similaire, insistant tous deux sur le caractère symbolique du discours. Le premier souligne la dimension testamentaire de l'intervention et la vision d'un "monde plus égalitaire" portée par Guterres. Le second se concentre davantage sur le registre institutionnel, citant explicitement l'appel à une représentation permanente pour l'Afrique. Aucune des deux sources ne s'interroge sur les mécanismes concrets qui permettraient une telle réforme, ni sur les obstacles structurels qui l'ont jusqu'ici rendue impossible.
La question Jubël
Un secrétaire général de l'ONU ne dispose d'aucun pouvoir de réforme sur la composition du Conseil de sécurité, dont la modification exige précisément l'accord des membres permanents qui y ont le plus à perdre. Ce plaidoyer de dernière heure est-il un legs politique sincère, ou le signe que la fonction de secrétaire général n'est audible sur les questions structurelles qu'au moment exact où elle cesse d'exercer une influence réelle ?
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