← Actualité
Politique

Diomaye à l'ONU : diplomatie de façade ou offensive stratégique ?

Derrière les réunions protocolaires de New York, Dakar orchestre un lobbying discret pour porter Macky Sall au secrétariat général de l'ONU.

Dessin de repli : bulle portant la légende « À New York, le pays parle d'une seule voix. On cherche encore laquelle. »
Le dessin de JubëlÀ New York, le pays parle d'une seule voix. On cherche encore laquelle.

Le fait

Le 22 septembre 2026, le président Bassirou Diomaye Faye participait à la 81e Assemblée générale des Nations Unies à New York, enchaînant entretiens bilatéraux et cérémonies protocolaires. Parmi ces rencontres figurait un tête-à-tête avec le président français Emmanuel Macron, dont le compte rendu officiel mentionnait partenariat bilatéral, paix et sécurité.

Le contexte

La session de cette année revêt une dimension particulière pour le Sénégal. Antonio Guterres, dont le mandat s'achève en fin d'année, a prononcé son dernier discours d'ouverture en appelant à une réforme du Conseil de sécurité favorable à l'Afrique, ouvrant symboliquement la question de la succession à la tête de l'organisation. C'est précisément dans ce contexte que l'ancien président sénégalais Macky Sall se positionne comme candidat au poste de secrétaire général. La présence de Diomaye Faye à New York prend dès lors une dimension qui dépasse le cadre habituel des rencontres multilatérales : elle s'inscrit dans une opération de lobbying à haute valeur diplomatique pour soutenir la candidature de son prédécesseur.

Les angles

Le traitement diffère sensiblement selon les sources. Le Soleil, relayé par All Africa, s'en tient à une description protocolaire de la journée, valorisant l'agenda chargé du président sans mentionner l'enjeu de la candidature Sall. SeneNews, à l'inverse, décrypte explicitement les "dessous" de l'entretien Faye-Macron, identifiant la candidature onusienne de Macky Sall comme le véritable point stratégique de la rencontre. Dakaractu, lui, centre son analyse sur le discours de Guterres et la revendication africaine d'un siège permanent au Conseil de sécurité, offrant un cadre continental à ce qui se joue en coulisses.

La question Jubël

Que révèle la mobilisation de l'appareil diplomatique d'un État au service de la candidature d'un ancien chef d'État, dans un contexte où les relations entre Diomaye Faye et Macky Sall ont été, sur le plan politique intérieur, pour le moins tendues ? Et si Paris, sollicité dans ce cadre, accordait son soutien, quelle contrepartie le Sénégal serait-il prêt à offrir sur des dossiers bilatéraux autrement plus sensibles ?

Sources : All Africa (fr), SeneNews, Dakaractu

Chargement…

Les commentaires sont relus avant ou juste après publication. Pas d'injure, pas d'attaque personnelle, pas de propos communautaire. Adresse électronique facultative, jamais affichée.