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Économie

Service de la dette sénégalaise : entre 5 800 et 6 800 milliards FCFA

L'écart entre les projections officielles et celles de Barclays révèle une crise de crédibilité des finances publiques du Sénégal.

Dessin de repli : « Quand rembourser coûte plus cher que construire, on appelle ça du développement. »
Le dessin de Jubël« Quand rembourser coûte plus cher que construire, on appelle ça du développement. »

Le fait

Dans le cadre du projet de loi de finances rectificative 2026, l'État sénégalais chiffre le service de sa dette publique à environ 5 800 milliards de FCFA, pour un déficit budgétaire de 7,6 %. La banque britannique Barclays estime de son côté ce même service à 6 800 milliards de FCFA, avec un déficit qui atteindrait 9,2 %. Par ailleurs, la dette publique du Sénégal est évoquée à hauteur de 132 % du PIB.

Le contexte

L'écart de mille milliards entre les prévisions officielles et l'estimation de Barclays n'est pas un simple différend comptable : il traduit, selon l'économiste-statisticien Babacar Gaye, un déficit de confiance des marchés envers les projections de recettes de l'État sénégalais. Ce décrochage entre discours budgétaire et perception externe s'inscrit dans une séquence plus longue : les révélations successives depuis 2024 sur des engagements financiers non retranscrits dans les comptes officiels ont fragilisé la lisibilité des finances publiques du pays. Un ratio dette-PIB à 132 % place le Sénégal dans une zone de vulnérabilité structurelle, là où les institutions internationales fixent généralement les seuils d'alerte bien en deçà. La question du remboursement de la dette absorbe désormais une part croissante des ressources nationales, au détriment des dépenses de développement.

Les angles

SeneNews met l'accent sur l'analyse technique de l'écart entre les deux projections et cite directement un économiste pour en décrypter les implications, donnant ainsi une lecture rigoureuse du dossier. Senego, quant à lui, choisit d'articuler la question macroéconomique autour d'une déclaration controversée d'un présentateur de télévision, Boubacar Diallo, qui a publiquement défendu, sur la 2sTV, le principe de dissimuler une partie de la dette pour financer des infrastructures. Ce glissement du débat vers l'espace médiatique populaire révèle à quel point la question de la transparence budgétaire dépasse désormais les cercles technocratiques pour irriguer le débat public sénégalais.

La question Jubël

Si la formule « 100 FCFA investis, 57 FCFA d'intérêts payés » résume avec une clarté saisissante l'étranglement budgétaire, elle impose une interrogation plus profonde : à quel moment le service de la dette cesse-t-il d'être un outil de financement du développement pour devenir un obstacle structurel à celui-ci ? Et dans quelle mesure la normalisation progressive, dans le débat public, de l'idée de dette « cachée » signale-t-elle une érosion durable de la culture de la transparence budgétaire, bien au-delà des seules erreurs de communication ?

Sources : SeneNews, Senego

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