La Revue du Jour
Sonko au perchoir, le pouvoir sénégalais en recomposition accélérée
Quatre jours après son limogeage, Sonko prend la tête de l'Assemblée nationale dans un climat de tension institutionnelle vive.
L'essentiel du jour
Ousmane Sonko élu président de l'Assemblée nationale avec 132 voix
Quatre jours après son limogeage de la Primature par décret du président Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko a été élu ce mardi 26 mai 2026 à la tête de l'Assemblée nationale, avec 132 voix sur 133 suffrages exprimés. Il succède à El Malick Ndiaye, dont la démission avait été annoncée le 24 mai. L'opposition, estimant la procédure de réintégration de Sonko en qualité de député juridiquement irrégulière, a boycotté la séance. Sonko devient ainsi la deuxième personnalité de l'État, dans un contexte de rupture ouverte avec l'exécutif.
Sources : Le Monde Afrique, Financial Afrik, SeneNews
Le discours de Sonko : apaisement affiché, tensions sous-jacentes
Dans son allocution inaugurale, le nouveau président de l'hémicycle a tenu à dissiper les craintes d'un affrontement institutionnel frontal, assurant qu'il n'utiliserait pas sa fonction « pour organiser le chaos » ni pour des « vendettas personnelles ». Il a néanmoins dénoncé l'absence de concertation de PASTEF dans la formation du nouveau gouvernement, lançant la formule : « On ne peut pas faire du PASTEF sans PASTEF. » Il a par ailleurs conditionné une coopération avec l'exécutif à un appel direct du chef de l'État, revendiquant explicitement un rôle de contre-pouvoir vigilant.
Sources : Le Soleil, SenePlus, Dakaractu
Un nouveau Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lô, nommé dans la discorde
Le président Faye a nommé lundi 25 mai Ahmadou Al Aminou Lô à la tête du gouvernement, trois jours après le limogeage de Sonko. Ce dernier a salué la compétence du nouveau chef du gouvernement, qu'il dit connaître personnellement, tout en déplorant l'exclusion de son parti des consultations ayant précédé la nomination. La cohabitation au sein du camp Patriotes, entre un exécutif reconfiguré et un législatif dirigé par l'ancien Premier ministre évincé, s'annonce structurellement conflictuelle.
Sources : Le Monde Afrique, Sud Quotidien, Le Soleil
Incident à l'hémicycle : tentative d'interpellation du député Cheikh Bara Ndiaye
Quelques minutes après la clôture de la séance plénière, des éléments de la Section de recherches ont tenté d'interpeller le député Cheikh Bara Ndiaye à l'intérieur même de l'Assemblée nationale. Selon plusieurs témoignages, le député aurait été exfiltré par des collègues de PASTEF avant de trouver refuge dans l'enceinte de l'hémicycle. Cheikh Bara Ndiaye a mis en cause, dans une déclaration, le président Faye et le ministre Cheikh Diba. L'épisode illustre la montée des tensions entre les deux ailes du camp au pouvoir.
Sources : Senego, SeneNews, SeneNews
Morgan Stanley avertit sur la dette sénégalaise, les créanciers sous pression
Dans une note publiée ce mardi, la banque d'investissement Morgan Stanley indique que le limogeage de Sonko a pris de court les investisseurs internationaux et entraîné une chute des obligations sénégalaises. La banque signale un risque accru de défaut sur la dette du pays. Cette réaction des marchés, venue de Londres et de Wall Street, constitue un signal préoccupant que le camp présidentiel n'avait manifestement pas anticipé dans la séquence de recomposition politique engagée depuis le 22 mai.
Sources : Senego, SenePlus, SenePlus
Ce qui se dit
Sur la légalité de la réintégration de Sonko en qualité de député, les rédactions ne traitent pas la controverse avec la même intensité ni le même angle. Sud Quotidien et All Africa relaient longuement la tribune du juriste Ibrahima Hamidou Dème, qui qualifie la démarche d'« impossibilité juridique » et d'atteinte à l'État de droit, et rapportent la position développée par le groupe parlementaire Takku Wallu, conduit par Aïssata Tall Sall, qui avait poussé à une saisine du Conseil constitutionnel. SeneNews, Senego et Xibaaru privilégient quant à eux la narration factuelle de l'élection et la parole de Sonko, sans s'attarder sur les contestations juridiques. Le Monde Afrique et Financial Afrik, pour leur part, adoptent une lecture institutionnelle plus distancée, soulignant la portée régionale et internationale de cette séquence. La saisine du Conseil constitutionnel évoquée par le camp présidentiel, dont l'issue reste ouverte, constitue une zone d'incertitude que peu de titres documentent précisément à ce stade, plusieurs articles de SeneNews signalant une possible remise en cause rétroactive des actes déjà accomplis.
À surveiller
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Saisine du Conseil constitutionnel par le président Faye. La démarche, évoquée dans plusieurs sources, pourrait remettre en question la validité de la réintégration de Sonko et de son élection à la présidence de l'Assemblée nationale. Son calendrier et ses effets juridiques restent à préciser.
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Affaire Cheikh Diba : démenti d'Ecobank. L'institution financière a formellement contesté l'authenticité de relevés bancaires circulant dans l'espace public et mettant en cause le ministre. Ce dossier, à l'intersection du judiciaire et du politique, est à suivre de près dans les prochaines heures.
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Tabaski 2026 : double célébration annoncée. Pour la Tabaski prévue les 27 et 28 mai, le Sénégal s'apprête une nouvelle fois à célébrer la fête en ordre dispersé, suivant deux dates distinctes selon les communautés. Le contexte de précarité des ménages, illustré par les aides distribuées à Diourbel, donne à cette période religieuse une dimension sociale particulièrement sensible cette année.