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La Revue du Jour

Sonko, le perchoir et la Constitution

Le limogeage du Premier ministre ouvre une crise de succession institutionnelle dont le dénouement juridique reste incertain.

L'essentiel du jour

Démission de El Malick Ndiaye : la présidence de l'Assemblée nationale en jeu

Soixante-douze heures après le limogeage d'Ousmane Sonko de la Primature par le président Bassirou Diomaye Faye, le président de l'Assemblée nationale El Malick Ndiaye a annoncé sa démission, ouvrant la voie à une possible réintégration de l'ancien chef du gouvernement au perchoir. Le chef du parti majoritaire au Parlement est désormais au centre d'un bras de fer institutionnel dont les contours restent à définir, tant sur le plan constitutionnel que politique. La vitesse de la séquence , limogeage, démission de la présidence de l'Assemblée, consultation pour un nouveau Premier ministre , confère à cette journée un caractère de pivot dans le quinquennat Faye.

Sources : SeneNews, France 24 Afrique, RFI Afrique


Le statut de député de Sonko au cœur d'un débat constitutionnel

L'article 56 de la Constitution, qui pose l'incompatibilité entre fonctions gouvernementales et mandat parlementaire, est au cœur d'une controverse entre juristes. Pour Me Demba Ciré Bathily, l'incompatibilité suspend l'exercice du mandat sans l'éteindre , une « mise en sommeil », non une déchéance. En sens inverse, l'ancienne vice-présidente de l'Assemblée nationale Sira Ndiaye soutient qu'aucune disposition légale ne permet à Sonko de siéger, au motif que son élection comme député était entachée d'une incompatibilité dès l'origine. Le greffier Me Tanor Diamé estime quant à lui que les recours de l'opposition sont « quasi impossibles » sur ce terrain.

Sources : Dakaractu, SeneNews, Senego, SenePlus


L'opposition et des voix indépendantes dénoncent une dérive institutionnelle

Plusieurs figures de l'opposition et des personnalités indépendantes ont publiquement mis en garde contre ce qu'elles qualifient de confusion entre agenda partisan et fonctionnement des institutions. La députée Anta Babacar Ngom, le président de l'UNITE Cheikh Issa Sall, et l'ancienne parlementaire socialiste Yéya Diallo ont, chacun depuis leur position, évoqué un risque d'instrumentalisation de l'appareil d'État. Le groupe Takku Wallu a tenu une conférence de presse à l'Assemblée nationale pour formaliser sa position.

Sources : Leral, Leral, Dakaractu, Dakaractu


Course à la Primature : Faye en consultations, profil du successeur en suspens

Parallèlement à la séquence institutionnelle autour de l'Assemblée, le président Faye a engagé des consultations en vue de nommer un nouveau Premier ministre. Les analystes s'interrogent sur le profil attendu : technocrate de gestion ou figure politique affirmée. L'horizon 2027 , élections locales et législatives , pèse sur ce choix, dans la mesure où la configuration parlementaire actuelle et les équilibres territoriaux conditionneront la capacité de Faye à consolider sa propre position en vue de 2029.

Sources : France 24 Afrique, All Africa


Mondial 2026 et distinction de Pape Gueye : les Lions en ordre de marche

L'équipe nationale de football a entamé ce lundi son regroupement à Diamniadio en vue de la Coupe du monde 2026, prévue aux États-Unis, au Canada et au Mexique du 11 juin au 19 juillet. Dans le même temps, le milieu de terrain Pape Gueye a été sacré meilleur joueur africain de La Liga pour la saison 2025-2026, récompense de sa contribution à la troisième place de Villarreal, qualifié pour la Ligue des champions.

Sources : Senego, SeneNews, Dakaractu


Ce qui se dit

Sur la question du retour de Sonko à l'Assemblée nationale, les lignes éditoriales révèlent une tension entre deux registres d'analyse. RFI et France 24 privilégient une lecture factuelle et juridique, exposant les positions contradictoires des constitutionnalistes sans trancher. Dakaractu offre un traitement relativement symétrique, donnant tribune tant à Me Bathily , favorable à la réintégration , qu'à Sira Ndiaye, qui l'exclut. SeneNews insiste davantage sur la dimension de « bataille constitutionnelle » et sur les réactions de l'opposition. SenePlus, à travers plusieurs tribunes signées, situe le débat dans un cadre plus large de souveraineté institutionnelle et de dérives potentielles du régime partisan. Leral concentre les déclarations de figures de l'opposition et de la société civile politique. Aucune rédaction ne prend position sur le fond juridique, mais le choix des intervenants cités et l'ordonnancement des arguments diffèrent sensiblement d'un titre à l'autre, signalant des appréciations implicites sur la légitimité du processus en cours.


À surveiller

  • Nomination du nouveau Premier ministre : les consultations présidentielles sont engagées mais aucun nom n'a filtré à l'heure de cette revue. Le profil retenu sera déterminant pour la lecture de l'après-Sonko et pour les équilibres internes à Pastef.

  • Épidémie d'Ebola en RDC : avec plus de 900 cas suspects et 220 décès, la situation à Bunia se dégrade. L'incendie d'un centre de traitement à Rwampara et la désinformation active autour de l'épidémie constituent deux facteurs de fragilisation de la riposte sanitaire à suivre de près pour la sous-région.

  • Procès Habré, dix ans après : à l'occasion du dixième anniversaire de la condamnation de Hissène Habré par les Chambres africaines extraordinaires, plusieurs analyses soulignent la portée du modèle sénégalais pour d'autres mécanismes de justice transitionnelle en Afrique , un signal de soft power judiciaire discret mais persistant.