La Revue du Jour
Sonko au perchoir, Faye en solo
La crise post-limogeage se déplace vers le Parlement : l'Assemblée nationale devient le nouvel épicentre de la recomposition sénégalaise.
L'essentiel du jour
Démission d'El Malick Ndiaye : le perchoir se libère en 48 heures
Deux jours après la révocation d'Ousmane Sonko de la Primature par le président Bassirou Diomaye Faye, El Malick Ndiaye a annoncé ce dimanche sa démission de la présidence de l'Assemblée nationale. Dans une déclaration diffusée sur les réseaux sociaux, il invoque « le sens de l'État » et « l'intérêt supérieur de la Nation », sans davantage de précisions sur les circonstances de ce retrait. Plusieurs sources concordantes indiquent que ce départ volontaire visait à dégager la voie institutionnelle pour l'entrée d'Ousmane Sonko à l'hémicycle.
Sources : RFI Afrique, France 24 Afrique, Le Soleil, Dakaractu
Sonko réintégré comme député, plénière convoquée pour le 26 mai
Réuni en urgence à 15 heures ce dimanche, le Bureau de l'Assemblée nationale a constaté et validé la demande de réintégration d'Ousmane Sonko dans ses fonctions de député. Le premier vice-président Ismaïla Diallo a convoqué une séance plénière pour le mardi 26 mai à 9 heures, avec deux points à l'ordre du jour : l'officialisation du retour de Sonko et l'élection d'un nouveau président de l'institution. La journée s'annonce décisive pour la nouvelle configuration du pouvoir législatif.
Sources : Senego, SeneNews, Dakaractu, Ndarinfo
Vers une configuration institutionnelle inédite : Faye à l'Exécutif, Sonko au Législatif
L'hypothèse d'une présidence Sonko à l'Assemblée nationale dessine une architecture institutionnelle sans précédent dans l'histoire politique sénégalaise récente. Deux hommes issus d'une même formation, ayant codirigé le pays pendant deux ans sous le slogan « Diomaye, c'est Sonko », occuperaient désormais les deux premières institutions de la République dans une relation de séparation des pouvoirs réelle, avec les leviers que confère le perchoir. Des analystes soulignent que le limogeage du 22 mai 2026, acté par le décret n°2026-1128, marque moins une rupture personnelle qu'une affirmation de l'unicité du commandement présidentiel.
Sources : SeneNews, Dakaractu, SeneNews
Lionceaux en demi-finale de la CAN U17 : le Maroc en ligne de mire
L'équipe nationale des moins de 17 ans a décroché sa qualification pour le dernier carré de la CAN U17, ce dimanche au Complexe Mohammed VI de Salé, en éliminant le Mali aux tirs au but (4-2) au terme d'un quart de finale disputé à dix après une exclusion en première période. Les Lionceaux, déjà qualifiés pour la Coupe du monde U17, affronteront le Maroc en demi-finale dans ce qui prend les contours d'une confrontation chargée de résonances après les événements de la CAN 2025.
Sources : Senego, Le Soleil, SenePlus
Supporters sénégalais graciés : retour au pays, geste présidentiel
Les quinze supporters sénégalais détenus au Maroc depuis les incidents de la finale de la CAN 2025 ont été libérés à l'occasion de l'Aïd al-Adha, à la suite d'une grâce royale accordée par Mohammed VI. À leur retour au pays, le président Bassirou Diomaye Faye leur a accordé une aide de deux millions de francs CFA et un mouton chacun. La Commission nationale des Droits de l'Homme a salué ce geste, qualifiant la décision royale de marque de « fraternité et de solidarité » entre les deux pays.
Sources : Africa News, Dakaractu, Leral
Ce qui se dit
La question de la légalité du retour d'Ousmane Sonko à l'Assemblée nationale divise les commentateurs. Dakaractu rapporte les analyses des juristes Cheikhou O. Sy et Chérif Monteil, qui estiment que le droit sénégalais est « sans appel » : un ancien Premier ministre nommé en dehors de l'hémicycle ne saurait réintégrer son siège par simple demande, le Règlement intérieur distinguant soigneusement la suppléance provisoire de la démission définitive. Cette lecture juridique entre en tension directe avec les faits du jour : le Bureau de l'Assemblée a validé la réintégration, et la plénière du 26 mai l'entérinera formellement, sans que les médias proches du pouvoir ou de PASTEF ne relèvent d'obstacle procédural. De son côté, Thierno Alassane Sall accuse PASTEF de chercher à « provoquer une crise institutionnelle majeure », tandis que des voix internes à la coalition présidentielle, comme Daouda Fall sur RFM, récusent toute idée de rupture entre Faye et Sonko et rejettent les lectures en termes de « trahison ». Le clivage entre médias à lecture juridico-constitutionnelle et médias à lecture politico-narrative est particulièrement marqué ce dimanche.
À surveiller
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Composition du nouveau gouvernement : plusieurs noms circulent pour la Primature , dont Aminata Touré , et SeneNews identifie cinq ministres susceptibles d'être reconduits. La formation de l'équipe gouvernementale sera le prochain révélateur du rapport de forces entre les deux pôles de l'ancienne majorité.
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Investiture de Romuald Wadagni au Bénin : l'ancien ministre des Finances a prêté serment ce dimanche à Cotonou, succédant à Patrice Talon. La présence de délégations des pays de l'AES (Niger, Mali, Burkina Faso) à la cérémonie, malgré des années de tensions, est un signal à suivre pour la recomposition des équilibres sous-régionaux.
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Démissions en cascade dans l'administration Pastef : des directeurs généraux et hauts cadres proches de Sonko envisagent de quitter leurs fonctions en signe de solidarité. Des voix s'élèvent, y compris dans l'entourage du mouvement, pour les en dissuader, estimant que ces départs affaibliraient le projet plutôt qu'ils ne le défendraient.